Neuf ans sur le banc (2/3)

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Articles · 05/06/2011 à 17:11
05/06/2011 • 17:11

Au moment de refermer l’une des plus belles pages de l’histoire du club, Pablo Correa a accepté de revenir sur ses neuf saisons sur le banc de touche nancéien au travers de matchs marquants ou décisifs.

2005/2006 (12E EN L1 ET VAINQUEUR DE LA COUPE DE LA LIGUE)

Nancy-Nice (2-1) le 22 avril 2006 en finale de la coupe de la Ligue

« Quand on gagne une finale, on est forcément toujours heureux et persuadé de l’avoir mérité. Mais s’il y a un groupe qui méritait de s’imposer ce soir-là au stade de France, et notamment parce qu’il a toujours eu la gagne très modeste, c’est bien celui-là. Ce n’est pas évident d’arriver jusqu’en finale. Cela demande du jeu, de l’envie et un brin de chance. Ensuite, Nice était meilleur que nous, mais ce qui compte en finale, c’est de gagner ! Nous avons eu l’humilité de croire en nos forces. Avec Paul, nous avions tout de même passé deux jours à réfléchir sur la manière de gérer une éventuelle défaite, de trouver les moyens de relancer la machine, car il y avait un championnat à finir. Cela nous inquiétait énormément. 

En gagnant, tout a été plus facile (sourire). Cette saison avait pourtant mal débuté avec quatre défaites en championnat. Après celle concédée à Lyon dans les dernières secondes, je me suis demandé si j’étais vraiment fait pour ce métier. Je sentais une certaine forme d’injustice s’immiscer dans le groupe, car on travaillait beaucoup. Quand on a été élevé selon le principe que tout travail est récompensé, c’est difficile de comprendre. Cette quatrième défaite m’a aussi donné l’envie de poursuivre l’aventure. On avait tenté un pari très risqué en faisant venir plusieurs Sud-Américains et cela s’est avéré payant. »

 

2006/2007 (13E EN L1 ET 16ÈME DE FINALISTE DE LA COUPE UEFA)

Bale-Nancy (2-2) le 23 novembre 2006 lors de la 3e journée de la coupe de l’UEFA

« Durant le temps additionnel, Issiar Dia remonte le terrain sur soixante mètres et se fait faucher par le gardien. Penalty et carton rouge. C’est le défenseur Petric qui enfile les gants. Comme je pensais qu’Issiar (Dia) était un peu touché, j’ordonne à Michaël (Chrétien) de le tirer. Quand il a pris le ballon, j’ai aussitôt regretté. On ne saura jamais comment cela se serait passé si j’avais laissé Issiar se faire justice lui-même. Quand je suis rentré au vestiaire, j’ai annoncé que la défaite était pour moi. Le président a corrigé en disant que l’on avait fait match nul. Mais pour moi, c’était comme une défaite, car, au-delà du penalty manqué, on doit quitter le St-Jakob Park avec les trois points. 

Après ce match, je me suis promis de ne plus jamais imposer. Je préfère demander. Cela n’a heureusement pas eu d’incidence sur la suite de notre parcours puisque l’on assure notre qualification lors du match suivant face à Feyenoord (3-0). C’est d’ailleurs le pire match que j’ai vécu. Les joueurs ont vraiment été marqués et ont ressenti une grande injustice de voir que seuls les « bandits » ont pu assister à la rencontre jusqu’au coup de sifflet final. Pour terminer sur un souvenir plus positif, je citerai notre victoire face à Schalke 04 à Picot (3-1), car elle nous ouvrait les portes de la vraie coupe d’Europe. C’est peut-être aussi celui qui m’a donné le plus de plaisir durant ces huit années. »

 

2007/2008 (4E EN L1)

Nancy-Bordeaux (1-0) le 3 novembre 2007 lors de la 13e journée

« Je savais que mon équipe pouvait battre n'importe qui, mais j’avais peur qu’elle soit perturbée par cette fête pour les 40 ans du club. Finalement, cela s’est très bien passé, car l’équipe a été à la hauteur de l’histoire. Même si certains matchs ont été marquants comme celui à Monaco où l’on sentait un certain élan derrière l’équipe, il n’y en a pas vraiment d'autres à sortir de cette très bonne saison. Je m’attendais à ce que l’équipe s’essouffle au bout du moment et ne pensais pas pouvoir jouer le podium jusqu’à la fin. Pour qu’une équipe comme l’ASNL se hisse aussi haut, il faut aussi pouvoir compter sur la défaillance de grandes équipes. C’est ce qui s’est passé. 

C’était aussi l’arrivée à maturité d’un groupe qui avait tout : du talent, un savoir-vivre, du respect et une très bonne ambiance. Cela a été une belle récompense et aussi la satisfaction de se dire que finalement le travail paie. Bien sûr, j’étais déçu de ne pas terminer troisième, mais ce n’est pas le dernier match contre Rennes qui me laisse le plus de regrets. Ce sont plutôt les deux ou trois que l’on dispute avant et où l’on perd Puygrenier, Kim et Hadji. Avec tout notre effectif, l’histoire aurait été différente. »

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