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Présentation
 
  13 juin 2008

Auteur de prestations remarquées et remarquables lors du dernier championnat, Youssouf Hadji profite aujourd’hui de son expérience pour mieux sentir les coups. Mais, il explique aussi cette maturité par l’incroyable ambiance qui règne dans le vestiaire nancéien.

   
 

Est-ce que tu viens de vivre la meilleure saison de ta carrière ?

C’est l’une de mes meilleures saisons aussi bien au niveau des résultats de l’équipe, de mes performances individuelles et de l’ambiance qui règne dans le groupe. Depuis le début de ce championnat, je sens vraiment que je sers à quelque chose. Je suis arrivé à un âge où l’expérience me permet de mieux analyser les situations. C’est aussi le fruit du travail fourni, car nous avons tous fait beaucoup d’efforts pour en arriver là.

Comment se traduit cette maturité sur le terrain ?

Cela concerne le placement, les déplacements, savoir jouer avec et sans ballon, anticiper et par exemple sauter avant son adversaire,… Ce sont plein de petits détails qui s’acquièrent avec l’expérience. Dans une carrière, il arrive un moment où l’on ne progresse plus d’un point de vue technique. Par contre, il est toujours possible d’améliorer son intelligence de jeu.
 
Ta femme et tes deux petites filles ont aussi beaucoup compté dans ton épanouissement ?

Elles font tout pour que je me sente bien dès que je rentre à la maison. C’est très important pour un footballeur, car le moindre problème familial resurgit immédiatement sur le terrain. Le football se joue en grande partie dans la tête. A l’inverse, quand cela ne se passe pas très bien sportivement, la famille permet aussi de relativiser les mauvais résultats et de décompresser pour mieux repartir.

Tu bénéficies également d’une deuxième famille dans le vestiaire…

L’ambiance est vraiment excellente et je m’entends bien avec tout le monde. C’est très rare que cela se passe comme cela dans un club. Quelque chose s’est vraiment créé entre nous. Nous ne sommes pas seulement des coéquipiers, mais de vrais amis. Nos chemins vont forcément se séparer un jour ou l’autre, certains vont partir et d’autres vont arriver, mais il nous restera cette amitié en souvenir de cette très belle aventure.

Le lien est si fort que vous avez parfois du mal à quitter le vestiaire après l’entraînement…

C’est nouveau pour moi, car j’avais avant l’habitude de partir en premier. Aujourd’hui, nous prenons vraiment beaucoup de plaisir à nous retrouver chaque matin et aimons prendre notre temps pour rester entre nous ou discuter avec les kinés. Quand on se sent aussi bien dans un groupe et que tout le monde tire dans le même sens, cela aide beaucoup à donner le meilleur de soi-même.

Cette solidarité se ressent aussi sur le terrain…

Forcément. Sur le terrain, on peut « mourir » l’un pour l’autre. Ce n’est pas nouveau. Le coach a composé son groupe avec cet objectif et nous a ensuite fait travailler dans ce sens. C’est possible, car nous avons tous le même état d’esprit.

Avais-tu l’impression de te trouver dans une impasse à Rennes ?

J’avais le sentiment de pouvoir beaucoup donner mais que l’on m’empêchait d’avancer, de progresser. J’ai donc voulu partir pour prouver ce que je savais faire. Parmi les propositions reçues, Nancy était la meilleure solution pour me relancer, car j’avais vraiment besoin de me sentir bien, de savoir que l’on me laisserait m’éclater et prendre du plaisir.

Pablo Correa t’offre justement beaucoup de liberté sur le terrain…

C’est surtout l’une des caractéristiques de mon poste situé en soutien de l’avant-centre. J’ai besoin de liberté pour suivre le ballon et être un peu partout. C’est un rôle qui me convient bien. Je dois jouer les coups à fond en attaque et bloquer la relance adverse. Les tâches défensives ne me dérangent pas du tout. Dans le football moderne, tout le monde doit défendre et attaquer. C’est même un avantage pour moi puisque me replacer me permet ensuite de partir de loin. Je suis meilleur dans cette position et plus à l’aise que lorsque je suis marqué de près par le défenseur.

Collectivement, quel serait votre match le plus abouti cette saison ?

Celui face à Bordeaux à Marcel-Picot, car c’était les 40 ans du club et il ne fallait pas gâcher la fête. Il y avait une pression énorme. On a essayé de nous en protéger, mais nous l’avons tout de même ressenti. Au final, nous avons réussi un grand match et montré de belles choses. Tous les matchs sont importants, mais celui-ci a été une grande satisfaction.

Certaines actions collectives à une touche de balle sont vraiment impressionnantes depuis la tribune. Comment le ressentez-vous sur la pelouse ?

Nous ne cherchons pas à construire de belles actions, mais plutôt à être efficaces. Or, en général, efficacité rime avec simplicité. C’est que l’on m’a toujours appris et je l’ai souvent constaté. Jouer le plus simple possible, c’est facile à dire, mais vraiment compliqué à faire.

Qu'est-ce qui t’a transformé cette saison en buteur ?

J’y crois beaucoup plus et je joue tous les coups à 200%. Il y a ensuite un peu plus de feeling et une part de réussite. Il faut aussi savoir provoquer la chance. J’ai débuté la saison avec un objectif minimum de huit buts. Je savais que j’en étais capable. De toute façon, c’est mon rôle de marquer ou de faire marquer. Je dois maintenant m’améliorer sur les frappes lointaines. C’est un bon moyen de débloquer un match.

Après cette excellente saison 2007/2008, on va peut-être attendre encore plus de toi…

C ’est ce qui m’a toujours fait progresser. Je vais être encore plus exigeant avec moi-même pour pouvoir encore progresser dans de nombreux domaines et notamment devant le but. Disputer plusieurs matchs de coupe d’Europe pourrait aussi m’aider à franchir un palier supplémentaire…

Nancéiens en famille
Quand Youssouf Hadji est entré en jeu pour la première fois au printemps 1999 lors de la dernière journée de championnat de L1 à Sochaux, les supporters nancéiens l’ont scruté avec beaucoup d’attention. Était-il aussi doué que son frère Mustapha, le premier Hadji formé à Nancy et ballon d’or africain l’année précédente ? Les frangins de Creutzwald n’étaient toutefois pas les premiers membres d’une même famille à enfiler la tunique au chardon rouge.

Recensée par le site asnlstory.com, la liste comprend les frères Frédéric et Ludovic Biancalani, Bertrand et Stéphane Laquait, Hervé et Yves Mariot ; mais aussi le père Carlos et le fils Gaston Curbelo, l’oncle Hubert et le neveu Bernard Zénier ; ainsi que les cousins David et Tony Vairelles.

D’autres joueurs aux patronymes identiques ont également évolué à l’ASNL mais il s’agissait alors de simples homonymes : Claude et Éric Barret ; David et Seydou Camara ; Alain et Pierre-Yves David ; Eric, Hubert et Lilian Martin ; Mathieu et Fabien Schneider.
   
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