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Présentation
 
  9 août 2007
Malgré l’expérience acquise depuis presque cinq ans à la tête de l’équipe professionnelle, Pablo Correa aborde toujours une nouvelle saison avec stress et incertitude. Après avoir tiré les enseignements du dernier exercice, il aborde ce championnat 2007/2008 avec prudence, mais aussi avec beaucoup d’ambition.
   
 

Vous débutez votre sixième saison sur le banc de touche de l’ASNL. Êtes-vous plus serein qu’à vos débuts ?

Non, car il y a toujours beaucoup d’incertitudes, du stress et de l’enjeu. Les entraîneurs plus expérimentés disent que l’on n’est jamais serein. Je le confirme. C’est vrai que j’ai appris beaucoup de choses durant ces six saisons. Pour autant, avant le début d’une saison, c’est toujours très dur. C’est ensuite un peu différent quand la compétition s’installe, car on peut alors s’appuyer sur son expérience.

Est-ce que votre vision du football a évolué ?

Cela évolue en permanence, car on est toujours à la recherche d’un détail qui va apporter un plus. Cette vision dépend aussi du groupe, car chacun vit sa propre histoire. Il faut parfois faire passer un même message de différentes façons.

Quels enseignements avez-vous tirés de la saison dernière ?

C’était une saison un peu atypique en raison de notre participation à la coupe d’Europe. On l’espérait d’ailleurs au début. Au moment de faire le bilan, on doit donc en tenir compte. Cela sera forcément différent cette saison. On ne pourra pas comparer. J’espère que cela nous a enrichis et que nous allons en profiter à l’avenir.

Au niveau tactique, il y a également eu des évolutions la saison dernière…

C’est une progression tout à fait normale et qui s’adapte au groupe. Demain, en raison de l’arrivée ou de l’absence de certains éléments, on sera amené à changer notre organisation. Mon souhait est que les joueurs se donnent la possibilité d’évoluer dans différents systèmes. On doit s’adapter le plus vite possible et obtenir des résultats. Pour cela, les joueurs doivent avoir un bagage assez important au niveau tactique.

C’est plus facile avec un groupe stable…

C ’est soi-disant plus facile, car les joueurs se connaissent et connaissent l’entraîneur, la charge de travail, les impératifs de chaque système. Avec beaucoup de nouveaux joueurs, il faudrait se donner une autre vision. De toute façon, ce n’est pas cette stabilité qui va nous faire gagner des matchs. C’est un atout, mais pas une valeur sûre.

En conservant quasiment le même effectif cette saison, vous misez sur la cohésion de votre groupe et la progression de vos joueurs. C’est aussi plus sécurisant ?

Malheureusement, non. Le football est tellement incertain. Ce n’est jamais gagné d’avance. D’ailleurs, si cela ne tenait qu’à cela, tout le monde continuerait toujours avec les mêmes joueurs. Généralement, durant l’intersaison, on essaye de combler les manques ou d’ajouter quelque chose à un groupe. Nous pensons qu’il n’y pas de secteur défaillant dans ce groupe, mais que nous pouvons le bonifier. Finalement, nous n’avons pas pu le faire, car nous sommes très exigeants sur le profil des joueurs à recruter. Cela ne me laisse aucun regret, car c’est un choix très réfléchi.

Est-ce que de voir Benjamin Gavanon et Sébastien Puygrenier terminer en tête des buteurs nancéiens en 2006/2007 vous a chagriné ?

Pas du tout. C’est de plus en plus difficile aujourd’hui d’avoir des attaquants qui marquent beaucoup. Peut aussi, que notre jeu demande plus de travail à nos attaquants. On a des joueurs qui percutent et qui provoquent. Ils marquent en fait des buts indirects par le biais des coups de pied arrêtés de Benjamin Gavanon. En tout cas, tant que l’on marque, je ne me pose pas la question de savoir si c’est moi ou un autre qui pousse le ballon au fond des filets (sourire).

Contrairement à la saison dernière, des joueurs offensifs comme Dia, Fortuné ou Hadji ont effectué toute la préparation athlétique. Cela peut changer beaucoup de chose concernant leurs performances ?

Nous le pensons. C’est maintenant à eux de nous montrer que nous avons raison. Cela doit leur servir à passer une grande partie de la saison avec un bon bagage physique. Cela peut aider au moment de conclure une action tout comme la lucidité ou le placement.

Quel sera votre objectif cette saison ?

La priorité est d’abord de se maintenir. Quand je vois la difficulté de rester en L1 pour certaines équipes soi-disant plus grandes que Nancy, cela me semble une évidence de viser le maintien. Il faut se méfier, car progressivement, au fil des saisons, on perd cet objectif de la tête. Attention, car en cas de difficultés, cela peut revenir très vite. Je préfère l’anticiper. On peut aussi être très ambitieux en jouant le maintien.

C’est plus facile quand on est préparé à lutter…

On l’a vu l’an passé. On est descendu à cinq points du premier relégables et certains nous ont presque vus en L2. Il ne voit pas voir tout en noir ou tout en rose. Sur les six derniers matchs, on en a gagné quatre. Personne ne s’en souvient, car tout le monde a été marqué par notre période plus sombre. Le football, c’est des passages. Des bons et des autres moins bons. Quand tout va bien, on est les meilleurs et quand tout va mal, on est les plus mauvais. C’est un raisonnement un peu court.

Est-ce que Lyon sera encore champion de France ?

Non. Je pense que cela va être l’année du changement en L1. L’OL sera forcément toujours une équipe qui va batailler pour le titre, mais je pense que Marseille sera un bon outsider. Il faudra aussi compter avec les autres grandes cylindrées comme Paris. Il faut peut-être s’attendre à un championnat vraiment très serré. Il y a de moins en moins de différences entre les équipes.

Quelle équipe pourrait créer la surprise, à l’instar de Toulouse la saison dernière ?

J’aimerai que cela soit Nancy. Mais chaque saison, il y a des équipes ambitieuses qui sont des surprises dans le mauvais sens. Je pense par exemple à Nantes qui n’avait jamais imaginé vivre une saison aussi noire. Il faut donc faire attention, mais j’aimerai bien qu’un jour l’ASNL surprenne…

   
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