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Après avoir été joueur du FC Nancy puis entraîneur de l'ASNL de 1982 à 1984, vous êtes désormais le président de la section amateur du club. Quel est votre rôle ?

Je dois avoir un œil attentif sur tout ce qui se passe au niveau sportif et suivre le recrutement pour toutes les équipes de jeunes. Ces dernières années, nous avons amélioré notre fonctionnement et sommes désormais mieux structurés. Je me suis ainsi un peu éloigné du terrain grâce à la mise en place d'éducateurs représentants la génération montante. Par l'intermédiaire de Jean-Pierre Claude et Georges Mailfert, la section amateur est chargée de tous les matchs de l'ASNL, des débutants au CFA, et je dois veiller à ce que tout soit harmonieusement réalisé.
Comment avez-vous vécu la difficile saison 2002/2003 durant laquelle l'ASNL a bataillé pour sauver sa place en L2 ?

La situation de l'ASNL en 2002 m'a rappelé la saison 1964/1965 qui s'est terminée par la disparation du FC Nancy. Il y avait des similitudes entre ces deux époques. Même si j'ai tremblé sur le plan sportif, la descente en National était à l'horizon, j'ai toujours gardé confiance en Jacques Rousselot qui est un gestionnaire de haut-niveau. Avec notre stade flambant neuf, il était exclu que Nancy soit rayé de la carte du football professionnel.
Avec l'arrivée de Pablo Correa, l'ASNL a progressé très rapidement…

C'est d'abord le fruit du travail de nos équipes de jeunes mais aussi d'un bon recrutement. Je pense notamment au trio composé de Berenguer, Gavanon et Duchemin qui se sont parfaitement intégrés à l'esprit du club et ont beaucoup progressé depuis leur arrivée. Je n'oublie pas évidemment le travail de Pablo Correa qui a su forger un groupe homogène et qui a réussi à donner une plus-value à la plupart de ses joueurs. Avec Paul Fischer, c'est un duo de techniciens exigeants et sérieux.
Contre le PSG, trois des onze titulaires étaient originaires de Nancy (Da Costa, Chrétien et Camerling). C'est aussi cela la réussite de l'ASNL aujourd'hui ?

Je pense que c'est la première fois que cela arrive dans l'histoire du club et j'en suis très fier. Les spectateurs aiment voir les "régionaux" de l'étape. Ce sont aussi des joueurs qui portent Nancy dans leur cœur et défendent leur ville comme de vrais Lorrains. Ils ne renoncent jamais et s'accrochent bec et griffes avec beaucoup de détermination. A l'ASNL, le maillot est aussi un drapeau et je suis très heureux que l'on retrouve nos valeurs.
Plus de deux mois avant la fin du championnat, l'ASNL a quasiment assuré son maintien. C'est une surprise ?

Je tire un grand coup de chapeau à toute l'équipe car ce n'est jamais facile. La force de l'ASNL a été de s'appuyer sur une défense solide. Ce sont les fondations de la maison et c'est indispensable pour obtenir de bons résultats. Cette défense est comme une nasse qui attire les attaquants adverses dans un piège. Tous les joueurs sont à féliciter mais je citerai tout de même deux anciens qui réalisent certainement leur meilleure saison : Cédric Lécluse et Frédéric Biancalani.
Quel est le prochain palier que devra franchir cette équipe ?

Il faudra d'abord confirmer avant de penser à aller plus haut. Cela signifie d'abord d'essayer de garder tous nos joueurs pour la saison prochaine. Les jeunes vont ensuite encore progresser. Manuel Da Costa est la révélation de la saison et je crois que Basile Camerling va devenir un très grand joueur. Il réalise des gestes qui ne s'apprennent pas. Sa titularisation contre Paris a été une belle victoire pour tous les entraîneurs qui se sont succédé depuis les poussins. La formation est un travail à la chaîne et personne ne peut se réserver la réussite d'un joueur. Michel Platini a commencé sous mes ordres à l'ASNL mais il avait déjà beaucoup appris à Joeuf et notamment grâce à son père Aldo.
Vous avez perdu deux finales de la coupe de France avec le FC Nancy en 1952 et 1963. Quels conseils pourriez-vous donner aux joueurs avant le 22 avril ?

De la préparer avec beaucoup de sérieux car c'est aussi dans les jours qui précédent le match qu'une finale se joue. Grâce à une bonne hygiène de vie, une diététique adaptée et une bonne gestion du sommeil notamment, ils aborderont ce match avec une confiance absolue et seront plus costauds encore dans leur tête, comme ils en témoignent depuis le début de saison. Pendant le match, certains devront aussi trouver rapidement le bon souffle pour évacuer le stress car ce n'est pas aisé que de jouer devant 80 000 spectateurs.
Avec plus de 17 000 spectateurs de moyenne à Picot et plus de 30 000 billets vendus pour la finale, il existe aujourd'hui un énorme engouement pour l'ASNL. Est-ce que vous avez déjà connu cela ?

Non, c'est une première dans l'histoire du club et cela dépasse les deux finales que j'ai disputées ou celle de 1978 que j'ai vécue au cœur de l'action. Cet engouement est extraordinaire. Dans ma ville de St-Max, tout le monde ne parle que de cette finale. Il faut maintenant la gagner.
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