En mai dernier, une délégation nancéienne s’est rendue au centre d’éducation motrice de Flavigny-sur-Moselle. Instaurée il y a huit ans, cette visite annuelle a permis aux jeunes pensionnaires de l’OHS Lorraine de défier plusieurs joueurs professionnels.
Après une première tentative infructueuse, Julien Cétout réussit à enchaîner cinq jonglages avec une balle de ping-pong. Des applaudissements saluent sa performance. L’ASNL reprend ainsi l’avantage dans son duel avec une centaine d’enfants pensionnaires de l’OHS de Flavigny-sur-Moselle.
Pendant près de 90 minutes, les deux équipes s’affrontent via des questions sur le football et des défis sportifs dans la grande salle de l’établissement médical. Quizz, slaloms et tirs au but permettent ainsi de départager les joueurs professionnels et les enfants souffrant de déficience motrice. 
« Nous avons inauguré une formule un peu plus ludique et interactive que d’habitude, explique l’animateur Cyrille. Comme les pros jouent le jeu, c’est un échange toujours très intéressant. Certains enfants sont si excités par cette visite qu’ils ne dorment pas la veille. »
L’AS Nancy-Lorraine est abonnée à ces rencontres avec les enfants et le personnel du centre d’éducation motrice. Initié par Philippe Lacôte, ce « partenariat » dure depuis déjà huit saisons. « J’y vais chaque année et commence à connaître quelques enfants, précise Youssouf Hadji. Ils savent tout du club de A à Z ! C’est un plaisir de voir autant de bonheur dans leurs yeux. » Benoît Pedretti a également ressenti cela. « Le foot égaye leur vie, ajoute l’ancien Bleu. Ils étaient si fiers de nous montrer leurs posters de l’ASNL dans leurs chambres. Cela nous rappelle qu’il y a des choses plus graves que de perdre un match de foot. » 
L’OHS accueille une centaine d’enfants handicapés de 4 à 20 ans. Ils sont hébergés, scolarisés et suivent un plan de rééducation. Son directeur, Jamel Khada, se réjouit de cette rencontre. « Il existe des similitudes entre un objectif sportif au plus haut niveau et un plan de rééducation. Il ne faut jamais baisser les bras. Même si les corps ne répondent pas tous de la même manière, l’état d’esprit est animé de la même flamme. C’est aussi une belle leçon de vie de voir ce que ces jeunes peuvent réussir malgré leur handicap. Pour certains, marcher seul sur cinq mètres est l’aboutissement d’un projet de cinq mois. » Coorganisateur de cet après-midi d’échanges, Patrice Thiery confirme que « cela peut créer des électrochocs chez certains joueurs ».
Les défis se poursuivent. Quelle est la ville natale de Michel Platini ? Issiar Dia se fait chambrer après avoir répondu Saint-Étienne. Julien Cétout relève le niveau en citant l’ancien nom du stade Marcel-Picot : le parc des sports du pont d’Essey. « Malgré leur handicap, ils réussissent à faire des choses impressionnantes avec leur fauteuil, souligne Benoît Pedretti. Il y avait un vrai esprit de compétition et on sentait beaucoup de fierté quand ils nous battaient. » 
Le duel se termine sur un score nul dans une ambiance survoltée. Les joueurs félicitent leurs hôtes et prennent le temps d’aller les voir individuellement pour discuter un peu, faire une photo et leur offrir sac à dos, écharpes et goodies aux couleurs de l’ASNL. « J’ai été marqué par leur esprit positif, conclut Youssouf Hadji. C’est une belle leçon pour nous ! »