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Qu'est-ce qui t’a surpris ici à Nancy ?

C’est surtout l’état d’esprit du groupe. Les joueurs ne connaissent pas leurs limites et vont toujours au bout avec une vraie envie de progresser. Il existe une vraie culture de la gagne ici à Nancy. Ce sont des joueurs qui, comme moi, ont vécu des moments un peu plus difficiles et n’ont plus envie d’en revivre. C’est pour cela qu’ils ne lâchent rien. Personnellement, après avoir vécu quelques galères, je savoure vraiment ces moments de bonheur.
Quelle image avais-tu de l’ASNL ?

De l’extérieur, l’ASNL reflète l’image d’un club familial avec un groupe uni et un coach proche de ses joueurs. On a l’impression que cela avance doucement, mais sûrement. Je me suis rendu compte que c’est effectivement le cas.
Pablo Correa est plus proche des joueurs que d’autres coachs ?

Sa grande force est de ne pas avoir oublié qu’il a été lui aussi un joueur avant d’être un entraîneur. Cela lui permet de comprendre ce que l’on ressent et d’être toujours à l’écoute. Tous ses choix sont aussi toujours très réfléchis. C’est quelqu’un de très intelligent et l’entraîneur idéal pour l’ASNL.
Signer à Nancy, c’était aussi retrouver la Ligue 1…

C’était important, car je prends largement plus de plaisir en L1. C’est peut-être parce que je n’ai pas le gabarit et les capacités physiques pour m’imposer en L2 où les matchs se résument d’abord un combat physique. Très peu d’équipes jouent réellement au ballon à ce niveau. Techniquement et tactiquement, il y a vraiment une grande différence avec la L1 où des joueurs sont capables de faire une passe de trente mètres dans les pieds de leur coéquipier. J’ai par exemple été pas mal ennuyé par le Bordelais Rio Mavuba qui est très difficile à prendre car il ne se pose pas de questions.

Cela n’est pas impressionnant de se retrouver face à de grands joueurs internationaux ?

Je pensais être vraiment impressionné par Sylvain Wiltord et j’avais du mal à croire que j’allais devoir le marquer. On l’oublie pendant le match, mais on y repense quelques semaines plus tard quand on le voit avec les Bleus. C’est alors une grande fierté de se dire que l’on a joué contre lui. Je conserve d’ailleurs tous mes matchs en souvenir pour moi et mes proches.
Est-ce que, depuis ton arrivée à Nancy, tu as le sentiment d’avoir progressé ?

Je pense avoir franchi un petit palier au niveau défensif. Après chaque match, je regarde la vidéo pour analyser ma performance et regarder les secteurs où je dois m’améliorer. Je sais que je dois progresser notamment dans les duels en un contre un, dans ma vitesse d’intervention, mon replacement et sur les centres. Pour cela, je dois être toujours très attentif et concentré à l’entraînement comme en match. En fait, c’est une remise en question permanente.
Il existe une vraie concurrence entre toi et Frédéric Biancalani pour le poste d’arrière gauche…

C’est franchement l’idéal pour progresser et rester toujours sous pression car le coach ne nous fera aucun cadeau. C’est d’autant plus enrichissant pour moi que Bianca est un super joueur qui ne lâche jamais rien. Il a aussi un excellent état d’esprit et me donne beaucoup de conseils ce qui me permet de m’appuyer sur son expérience pour progresser.

Est-ce que tu pensais disputer autant de matchs aussi vite en signant à l’ASNL ?

Non, mais je savais que si on me donnait ma chance, j’allais la saisir. À part la saison dernière en L2 avec Bastia, je suis un peu toujours parti avec le rôle d’outsider qui a tout à prouver pour gagner sa place. J’ai donc l’habitude de me remettre en question. C’est aussi le cas quand je joue car je sais que rien n’est jamais acquis.
Est-ce que ton passé d’attaquant t’aide à mieux défendre ?

Sur certaines actions, je suis peut-être plus malin et j’anticipe plus facilement. Mais, je pense que c’est plutôt un désavantage, car je n’ai pas eu de formation spécifique de défenseur. Aujourd’hui, je me considère comme un défenseur offensif. Mon rôle est d’abord d’empêcher mon adversaire de marquer, de réussir une passe décisive ou de centrer. Mais, les latéraux modernes doivent aussi apporter leur soutien dans les phases offensives. Cela me plaît évidemment, car j’aime dribbler et provoquer. Je sais aussi que cela va faire mal physiquement à mon adversaire, car j’ai le même problème chaque week-end face à des joueurs qui tentent de déborder sur mon côté.
Après plusieurs tentatives malheureuses lors des premiers matchs, tu as marqué contre Lens ton premier but sous le maillot de Nancy et aussi en Ligue 1…

Cela a été un moment extraordinaire. J’étais encore plus heureux de le marquer contre Lens car ils étaient également intéressés à l’intersaison, mais avaient moins confiance en moi que l’ASNL. Je leur ai ainsi prouvé que j’avais le niveau de jouer mais aussi de marquer en Ligue 1.
C’est un manque pour un ancien attaquant de ne plus ressentir aussi souvent le plaisir du buteur ?

Non, pas du tout. Je prends du plaisir d’une autre manière, en réalisant un beau tacle ou en réussissant une passe décisive. C’est aussi fort pour moi que de marquer un but. Quand je sors d’un match avec le sentiment d’avoir bien fait pour mon boulot de défenseur, je prends aussi du plaisir.

Quel est ton modèle à ce poste ?

Gianluca Zambrotta mais j’en suis très loin (rires). C’est un joueur complet, capable de jouer des deux pieds, rapide, endurant et doté de très bonnes qualités techniques.
Tu regardes beaucoup de matchs de football à la télévision ?

Énormément et même la Ligue 2. J’essaye toujours de voir le match de nos adversaires avant de les rencontrer. Cela me permet d’étudier leur jeu et de voir quels joueurs évoluent dans ma zone.
Est-ce que tu prends plus de plaisir à regarder certaines équipes ?

J’aime bien voir les matchs de Lens et de St-Etienne car ils se disputent toujours sur un bon rythme avec beaucoup d’occasions. L’année dernière, avant même de penser venir ici, je regardais aussi Nancy car on ne s’ennuyait jamais pendant les matchs. Par contre, je ne pouvais pas regarder Bordeaux qui joue toujours sur un faux rythme.
Est-ce que le football fait encore rêver quand on est devenu professionnel ?

Jouer la coupe d’Europe et être bien classé en Ligue 1 est déjà un rêve qui se réalise. Heureusement que je rêve encore, par exemple de disputer un match contre le Real Madrid, sinon cela ne vaudrait pas la peine de continuer... |