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300 matchs de championnat sous le maillot de l’ASNL, cela représente quoi pour toi ?

Cette fidélité à mon club formateur est d’abord une grande fierté. Nous ne sommes que deux à avoir franchi le cap des trois cents matchs à l’ASNL et cela doit être aussi rare dans les autres clubs.
C’est une vraie performance dans le football moderne…

C’est vrai, car ce n’est pas évident d’enchaîner les saisons dans le même club. Beaucoup changent régulièrement de joueurs…
Pour toi, ce sont plus les clubs qui changent de joueurs que les joueurs qui changent de club ?

C’est partagé, mais je pense que ce sont surtout les agents de joueurs qui poussent aux transferts. C’est leur job, car ils en ont besoin pour gagner de l’argent. En plus, ils ne cherchent pas toujours le meilleur choix sportif, mais celui qui leur rapporte le plus d’argent. Bien sûr, quand un joueur est bon, il doit aussi savoir bouger pour viser plus haut.
Cette longévité est le fruit d’une hygiène de vie très saine. Quels conseils donnerais-tu à de jeunes footballeurs ?

Il ne faut pas négliger tous les petits détails de la vie extrasportive. C’est très important. Cela signifie d’abord de ne pas négliger les études, car cela permet de s’ouvrir l’esprit, de bien récupérer et d’avoir une alimentation saine.

Le football a beaucoup changé depuis tes débuts en 1993 ?

Il y a d ’abord plus de moyens. Par exemple, à mes débuts, les mises au vert avaient lieu en forêt de Haye. Aujourd’hui, le club a les moyens de nous emmener à l’hôtel. C’est aussi différent dans le programme des entraînements avec des séances beaucoup plus individualisées.
Au sein du club, as-tu senti un changement de mentalité à l’ASNL ?

Le club s’est d’abord amélioré au niveau des infrastructures. Les conditions d’entraînement et l’accueil des jeunes du centre de formation sont désormais de très haut niveau. Il reste juste à peaufiner quelques détails chaque année. Au niveau sportif, Jacques Rousselot et Pablo Correa cherchent toujours à préserver un bon équilibre au sein de l’équipe. Cela n’était pas toujours le cas dans le passé et c’est très important. Au moment de recruter, ils s’intéressent au joueur, mais aussi à l’homme. Ensuite, tout est mis en œuvre pour qu’il s’intègre bien à notre groupe.
 Ton meilleur et ton plus mauvais souvenir durant ces quatorze années ?

Mes plus mauvais souvenirs datent de la saison 1999/2000 avec une grave blessure au tendon d’Achille et, quelques semaines plus tard, une descente en D2. Les meilleurs souvenirs sont la victoire en finale de la coupe de la Ligue, un moment magique, et nos montées en D1 car elles récompensaient notre régularité tout au long de la saison.
Le record de match est aujourd’hui détenu par Cédric Lécluse avec 430 rencontres sous le maillot nancéien. Cela sera compliqué de le rattraper…

C’est impossible pour moi. D’autant plus que Cédric n’a pas dit son dernier mot ! Je souhaite que d’autres joueurs puissent un jour le rattraper, mais cela me semble vraiment difficile. Plus de 400 matchs, c’est énorme. Les supporters ne devraient jamais l’oublier et être un peu plus reconnaissants envers tout ce que Cédric a apporté au club.
À 32 ans, il te reste encore un an de contrat avec l’ASNL. Est-ce que tu as déjà une idée de la suite de ta carrière ?

J’ai envie très envie de jouer et de prendre du plaisir. Il y a encore de belles années à vivre avec ce groupe et je ne suis vraiment pas pressé de raccrocher les crampons. Je pense quand même à ma reconversion et passe mes diplômes d’entraîneur, car je veux rester dans le football. Je devrais aussi trouver autre chose pour me dépenser, car j’ai toujours un besoin énorme de bouger et de faire du sport.
Comment s’est passée votre semaine lors de ce mini stage à Carnac…

C’était très positif et nous a permis de casser notre quotidien. On a beaucoup discuté entre nous et avec le coach. On a aussi bien travaillé sur de superbes installations. Cela a été très bénéfique physiquement et mentalement.
Il reste neuf matchs de championnat pour assurer le maintien. Cela semble vraiment dans vos cordes…

Cela serait en effet une immense déception. Mais, je n’y pense pas un instant, car nous avons un mental d’acier. Nous avons eu une baisse de régime, mais avons envie de finir la saison comme nous l’avons commencée.

Samedi soir, vous ne serez plus le détenteur de la coupe de la Ligue. Cela signifie quelque chose pour toi ?

C’est une page qui se tourne. Nous savons ce qu’il nous reste à faire pour revivre des moments aussi forts. Cela a été une ambiance extraordinaire et nous a permis de grandir et de voir aussi autre chose grâce à la coupe d’Europe.
Un favori pour Bordeaux-Lyon ?

Avec un effectif aussi riche qualitativement et quantitativement, Lyon est forcément favori. Nous l’avons vu contre nous. Ils ont touché beaucoup moins le ballon, mais l’ont mieux utilisé que nous aussi bien défensivement qu’offensivement. Ils sont très forts. Mais, tout reste jouable sur un match.
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