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Tandis que la France du football cherche à percer les secrets d’une AS Nancy-Lorraine en pleine ascension depuis maintenant cinq ans, Frédéric Biancalani dévoile une première piste : il joue avec le même slip depuis plusieurs années. « Et il commence à se détendre » rigole le latéral gauche de l’ASNL qui avoue être l’un des joueurs les plus superstitieux du vestiaire. « La semaine précédant un match, je vais toujours manger dans le même restaurant. Je n’ai pas pu y aller avant Lens-Nancy et nous avons perdu. J’ai repris mes bonnes habitudes la semaine suivante et nous avons battu Lorient. »
Même si la plupart se défendent d’être superstitieux, la majorité des joueurs reconnaissent accorder de l’importance à certaines petites manies. C’est le cas de Marco Fortuné qui ne va jamais vérifier l’état d’une pelouse avant une rencontre et reste dans le vestiaire pour se concentrer. Benjamin Gavanon s’y rend au contraire et toujours avec une grappe de raisins. « C’est devenu un rituel comme ma façon de mettre mes chaussures ou de m’habiller. Cela me rassure et me donne l’impression d’être dans de meilleures conditions. Je n’y crois pas vraiment, mais je le fais ».
Un petit retour en arrière en 1972, dans les pages jaunies par le temps du numéro 16 du magazine Chardon rouge, nous révèle que rien n’a finalement changé. Beaucoup de footballeurs, et même les plus illustres d’entre eux, ont toujours vu des signes plus ou moins favorables dans des faits pourtant anodins. Avant un match, Roger Piantoni (en photo) prenait toujours deux morceaux de sucre avec son café. Christian Chenu et Yves Herbet étaient persuadés qu’ils ne pouvaient pas perdre quand ils se rendaient ensemble au stade. Jean-Michel Fouché passait sa veste de daim « qui fait gagner » et Raul Castronovo mettait toujours sa chaussure gauche en premier.
Beaucoup plus original, il se disait que quand la femme de José Lopez entendait chanter Guy Béart le jour d’un match, l’équipe gagnait. Hervé Collot avait lui aussi sa petite manie lorsqu’il défendait les couleurs du FC Nancy. « Dans chaque stade où il me souvenait d’avoir gagné, je tenais toujours à reprendre la même place dans le vestiaire » se souvient l’actuel président de la section amateur. C’est d’ailleurs la seule petite habitude de Gennaro Bracigliano. « Malgré mes origines, le mauvais œil est présent partout à Naples, je ne suis pas superstitieux. J’essaye de prendre du recul avec tout cela et de réduire au minimum la part du hasard ».
Correa est-il superstitieux ?

Comme leur capitaine, d’autres joueurs adoptent une attitude plus cartésienne. David Sauget n’y croit pas du tout, mais avoue avoir déjà essayé le coup du slip. « Cela serait trop beau que cela ne tienne qu’à cela ». Landry N’Guemo et Youssouf Hadji se contentent d’une prière et Michaël Chrétien bouscule régulièrement ses habitudes pour justement ne pas devenir superstitieux. Chris Malonga semble lui hésiter entre croyance et réalisme. « En sélection nationale du Congo, notre capitaine jette toujours du sel sur la pelouse pour éloigner les mauvais esprits. Je suis un peu obligé d’y croire, car je n’ai jamais perdu après avoir assisté à ce rituel. Mais, d’un autre côté, j’ai grandi en France sans prêter attention à ce genre de signes. »

De nombreux joueurs africains ont d’ailleurs déjà évoqué la présence de sorciers et plus précisément de bains mystiques. Football et superstition sont également étroitement liés en Amérique du Sud comme le reconnaît Pablo Correa. « Mais, moi, je n’en ai pas » ajoute-t-il aussitôt. L’information doit toutefois être nuancée. Surtout après avoir lu les propos de Michel Bontemps, responsable des terrains d’entraînement de la forêt de Haye : « Les coachs ne sont pas superstitieux, mais préfèrent quand même s’entraîner sur le terrain n°1 les veilles de match, glisse-t-il malicieusement. Le plus superstitieux était Laszlo Bölöni qui me disait souvent : Si on ne s’entraîne pas sur le 1, on n’est bon pour la D2 ».
 Le grigri de Zerka

Peut-être que l’actuel entraîneur de l’ASNL a simplement adopté la même attitude que Jacques Granger, le premier secrétaire général du club, qui déclarait à l’époque : « Superstitieux, moi ? Ah non alors, ça porte malheur ». Cela n’effraie en tout cas pas Damian Macaluso qui se rase la tête chaque veille de match. Il y aussi les fétichistes qui conservent précieusement un porte-bonheur dans leur sac, tel le grigri de Monsef Zerka. Mais Pablo Correa a souvenir d’une anecdote beaucoup plus extravagante à propos de l’un de ses anciens coéquipiers à Nancy. « Il gardait un soutien-gorge dans son sac, éclate de rire l’ancien goleador. Mais, je ne vous dirais pas qui c’était… »
Son compatriote Gaston Curbelo avoue cumuler de nombreuses habitudes comme de conserver la même place à table, de porter sa chaîne autour du cou, de faire un signe de croix avant le début du match, de garder le même slip (décidément) et les mêmes protège-tibias,… « Mais, une fois sur le terrain, cela n’a plus d’importance ». L’attaquant uruguayen est le plus superstitieux du vestiaire selon ses coéquipiers et il conclut cette enquête par une pirouette : « De toute façon, par superstition, je ne dis pas tout (rires) ».
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