| |
En quart de finale de la coupe du Monde des moins de 17 ans, en Corée à la fin de l’été, Alfred N’Diaye a eu le sang-froid nécessaire pour transformer son tir au but. Cela n’a toutefois pas suffi à l’équipe de France qui a finalement été éliminée par l’Espagne. « Nous avons joué contre le Nigeria, Haïti, le Japon et la Tunisie, énumère l’un des quatre Bleus du centre de formation de l’ASNL. Cela ressemblait beaucoup à des matchs professionnels dans de très grands stades et avec une pression énorme. Le jeu était aussi plus rapide et plus technique. Il ne fallait pas se rater, car les matchs étaient serrés et se jouaient sur des détails ». Et c’est un détail, un tir au but manqué, qui a renvoyé les mini-Bleus en France.
Des palaces coréens au championnat de France des 18 ans nationaux, le fossé est alors gigantesque. Alfred reste sur son petit nuage. « C’est normal d’être déphasé après une grande compétition internationale, admet Patrick Hesse, le directeur technique du centre de formation. Nous lui avons remis les pieds sur terre. » De toute façon, Alfred a presque toujours débuté ces saisons en retard. Recruté à Vandoeuvre à l’âge de 14 ans, il passe d’abord plus de temps sur le banc de touche que sur la pelouse. « Ma croissance a été plus longue et je me suis retrouvé en grande difficulté d’un point de vue physique. Je devais aussi m’adapter à mon nouveau club. Ici, je n’étais plus la star de l’équipe à qui tout le monde donne le ballon. »
Arrière droit en sélection régionale et à l’ASNL, ce longiligne black d’origine sénégalaise préfère évoluer au poste de meneur de jeu. Comme à Vandoeuvre. C’est à ce poste qu’il relèvera la tête lors de la deuxième partie de saison et gagnera sa place, à la surprise générale, au centre de formation. « Francis Targon lui avait décelé des qualités et l’a toujours défendu, se souvient Patrick Hesse. Nous lui avons donc proposé de faire ses preuves sur une année comme demi-pensionnaire. Il a vécu une saison éprouvante, avec de très longues journées et des trajets en bus, mais il s’est accroché. Ses efforts ont été récompensés puisque nous l’avons intégré dans notre internat durant l’été 2006. »

Viera en modèle

Sa saison 2006/2007 a donn é raison au staff nancéien. Sébastien Hanriot, son coach en 16 ans nationaux, l’a donc recommandé avec insistance au sélectionneur national qui l’a d’abord testé lors d’un tournoi au Portugal puis adopté pour les championnats d’Europe et du Monde. « C’est un gain d’expérience important, souligne Patrick Hesse. Un match international équivaut à cinq ou six matchs de championnat. »
Intégré à l’effectif professionnel pour palier l’absence des internationaux africains au début de l’année 2008, Alfred N’Diaye a ensuite pu mesurer le chemin qu’il lui restait à parcourir pour s’imposer au très haut niveau. « Cela va beaucoup plus vite aussi bien en match qu’à l’entraînement. Cela a été une expérience très enrichissante dans tous les domaines. J’ai par exemple ainsi appris à mieux gérer la récupération. Mon entrée en jeu contre Lens en coupe de la Ligue a également été très importante pour moi. Malgré la défaite, cela reste un excellent souvenir. »
De retour dans l’effectif du CFA depuis quelques semaines, Alfred N’Diaye comprend la décision de Pablo Correa. « Je n’ai que dix-sept ans et dois encore beaucoup apprendre. Les entraînements sont différents au centre de formation, car ils sont axés sur notre progression. Je dois vraiment travailler ma technique et mon pied gauche ». C’est d’ailleurs en partie pour combler ces lacunes que Patrick Hesse souhaite le voir jouer le plus souvent comme milieu défensif. « Cela lui permet de toucher plus de ballons et de ne pas être toujours face au jeu, précise le technicien. Cela va améliorer son bagage technique. Nous comptons sur lui à moyen terme, mais la route sera encore longue avant qu’il ne s’installe définitivement dans le vestiaire de l’équipe professionnelle.»
Amin Tighazaoui
Équipe de France des moins de 21 ans de Futsal
Pour dynamiser le futsal, la FFF a invité chaque club à présélectionner un joueur. Patrick Hesse a choisi Amin Tighazaoui. « Il sait tout faire dans un espace réduit. Il est rapide, endurant, très technique, mais manque d’efficacité. J’espère que cette présélection va le faire avancer et lui permettre de mieux exploiter son potentiel ». Pari réussi puisque ce lutin marocain de 18 ans a convaincu le sélectionneur national et devrait disputer les éliminatoires de l’Euro. Comme son frère Nabil qui a évolué à l’ASNL jusqu’en DH, Amin a fait toutes ses classes à la section amateur. Les modèles de ce Toulois, quartier Croix-de-Metz, sont Ronaldinho et Messi. Comme eux, il aime évoluer dans un couloir offensif et adore s’amuser avec le ballon.
Benjamin Jeannot
Équipe de France des moins de 16 ans
Originaire lui aussi du quartier Croix de Metz à Toul, Benjamin Jeannot a réussi une excellente première partie de saison avec les 16 ans nationaux, inscrivant neuf buts en dix rencontres. Logiquement appelé en équipe de France, il a participé aux deux matchs amicaux contre l’Irlande et réussi une passe décisive. « C’est un attaquant moderne, capable de décrocher et de prendre les espaces en profondeur, souligne son coach Sébastien Hanriot. Il est adroit devant le but et sait aussi bien défendre. Il doit désormais devenir plus régulier, plus mature ». Ce fan de Basile Camerling, de Thierry Henry et de Fernando Torres défend les couleurs de l’ASNL depuis la catégorie benjamins et espère désormais améliorer son jeu de tête.
Christian Mundongo
Équipe de France des moins de 16 ans
En France depuis seulement quatre ans, Christian Mudongo parle couramment français et a déjà porté quatre fois le maillot bleu de la sélection tricolore. « Cela a été une grande surprise et un grand honneur pour ma famille, explique ce jeune rwandais. C’est un signe d’intégration très fort. » Venu rejoindre ses parents à Épinal en 2004, Christian Mudongo a d’abord joué six mois au SAS avant d’être repéré par Julien Florence, l’entraîneur des 13 ans de l’ASNL. Rejoint depuis cette saison par son petit frère Bonfils, Christian Mudongo rêve de Deco, Iniesta ou Fabregas. « C’est un joueur technique et intelligent au niveau de ses déplacements, de son remplacement. Mais, il manque encore de force et de puissance » regrette Sébastien Hanriot.
Rémi Pillot (18 ans) et Loïc Baal (16 ans) ont été présélectionnés en équipe de France et pourraient eux aussi très bientôt endosser le maillot bleu.
|
|