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16/11/2009 - 10:20

Alo'o Efoulou: De l'ombre à la lumière

Après plusieurs années de galère en Belgique puis dans des clubs amateurs français, Paul Alo’o Efoulou a réussi à se faire un nom dans le championnat de France de Ligue 2. Devenu Lion indomptable, il compte désormais poursuivre son ascension et disputer la prochaine coupe du Monde en Afrique du Sud.

« Pour qu’un attaquant se fasse repérer, il faut marquer des buts. C’est ce que j’ai compris durant mes trois années à Sannois-Saint-Gratien. Je me suis rendu compte que ceux qui avaient terminé meilleurs buteurs pouvaient signer en Ligue 2. Cela m’a ouvert les yeux. Voilà ce qu’il fallait faire. Se mettre dans la peau d’un buteur. » Cette révélation va agir comme un déclic dans la carrière de Paul Alo’o Efoulou. Les années difficiles ne seront bientôt plus que de mauvais souvenirs. Car, le parcours de ce gamin de Yaoundé n’a jamais été un long fleuve tranquille. Il débute dans des compétitions scolaires et intègre l’équipe de deuxième division de son lycée. Les rencontres se disputent par province durant les deux mois de vacances d’été. « Au Cameroun, les cours sont dispensés en continu jusqu’en milieu d’après-midi. Cela nous permettait de nous entraîner tous les soirs. Mon apprentissage du foot a surtout été axé sur le jeu. Les consignes tactiques se limitaient au placement sur le terrain. Ensuite, c’était à chacun de faire jouer son intelligence pour marquer un but de plus que l’adversaire. »

 

Les années galères

La détermination de Paul Alo'o Efoulou

Contrairement à beaucoup d’autres joueurs africains partis peut-être trop tôt en Europe, Paul Alo’o Efoulou rejoindra le vieux continent un peu tard. Après plusieurs essais en Belgique, il a déjà dix-huit ans et demi quand il signe à Mouscron. « J’ai certainement perdu plusieurs années, que j’essaye de rattraper aujourd’hui » constate-t-il sans amertume. Mouscron ne lui facilite pas la tâche. Déraciné de son pays, il est abandonné dans une nouvelle vie qui le dépasse. « Le football, le climat, la nutrition ou la culture : tout était nouveau pour moi. Il n’y avait personne pour m’expliquer et me soutenir. Le premier jour par exemple, je suis arrivé en retard à l’entraînement, car personne ne m’avait parlé du décalage horaire. Je dormais aussi très mal, car la nuit tombe très tard en Europe alors qu’il fait noir dès 18h30 au Cameroun. J’avais perdu tous mes repères. » 


Paul Alo’o Efoulou partira à la fin de sa première saison. Direction la France et le CFA. Ces trois lettres ne veulent pas dire grand-chose pour lui. Quand il découvre qu’il s’agit en fait de la quatrième division, il se dit que le plus important est d’avoir un contrat afin de vivre en France en toute légalité. Sa situation financière est toutefois délicate et lui permet tout juste de nourrir sa famille. « Je ne me suis jamais découragé. Mon plaisir, c’était d’abord d’être sur un terrain et ce n’était pas grave si je n’avais pas assez d’argent pour prendre le taxi et rentrer chez moi. »

 

Chaque saison, Paul Alo’o Efoulou joue la suite de sa carrière à quitte ou double. Pour continuer son ascension sur l’échelle du football français, il sait qu’il ne peut pas se permettre d’être moyen. Autant dire que le jeune papa est inquiet après plusieurs mois très difficiles à Sannois-Saint-Gratien. «Heureusement, je me suis réveillé en fin de saison et j’ai inscrit cinq buts. Cela m’a permis de décrocher un nouveau contrat de deux ans. C’était un immense soulagement de pouvoir voir un peu plus loin. »

 

La naissance d’un buteur

Rassuré sur son avenir à moyen terme, il change également de statut lors de sa dernière saison dans le club francilien. Son coach lui explique en effet que le club compte sur lui pour se maintenir en National. « J’aime avoir des responsabilités. Cette pression positive me transcende. Je sais que je vais avoir trois ou quatre occasions par match et que si j’en transforme une, alors mes coéquipiers vont se battre pour conserver cet avantage. »  La carrière de Paul Alo’o Efoulou peut enfin prendre son envol. Il inscrit 23 buts en 37 matchs et remporte le trophée de meilleur joueur du National. Les portes de la Ligue 2 lui sont désormais grandes ouvertes. A 23 ans, il signe son premier contrat professionnel au SCO d’Angers et se réjouit que ses buts soient désormais visibles sur toutes les télés au Cameroun.

Le premier match à Picot
Une saison lui suffit pour se mettre plusieurs clubs de L1 dans la poche. Il opte pour Nancy à la fin du mois d’août 2008 mais reste encore une saison en prêt dans le Maine-et-Loire. L’esprit libéré par cette signature anticipée, il réalise une saison exceptionnelle : 12 buts, 12 passes décisives, une première sélection avec le Cameroun et un titre de meilleur joueur de Ligue 2 décerné par l’UNFP. « Ce trophée a été un truc énorme pour moi » confie-t-il de sa voix posée.

Paul ne s’enflamme pas pour autant. Auteur d’un doublé contre Monaco lors de son premier match avec le maillot nancéien, il rappelle par exemple à tous les journalistes que la saison sera longue et qu’il ne faut pas le juger sur cette unique performance. Le gamin un peu paumé de Yaoundé a visiblement pris de l’assurance. Il est aussi devenu un véritable buteur en série. « Je pense toujours au résultat de l’équipe en priorité, car c’est important d’être bon collectivement pour faire ressortir sa performance individuelle. Mais, c’est vrai aussi que je ne dors pas bien quand je ne marque pas. Mon ascension n’est pas terminée et j’espère disputer la coupe d’Afrique des Nations puis la coupe du Monde. Cela passe d’abord par des bonnes performances avec l’ASNL. Tout est lié ».

 
 
 
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